SHAI MAESTRO TRIO

Trio puissant et homogène à la fluidité musicale exemplaire, Shai Maestro, Jorge Roeder et Ziv Ravitz reviennent avec un nouvel opus plus personnel que jamais.
Étirant les frontières d’un jazz profond arrivé à maturation, le Shai Maestro Trio n’hésite plus à mettre un pied sur des territoires voisins, mariant les touches électroniques élégantes et l’apparition de voix en osmose avec son univers unique.

Depuis ses débuts en trio en 2011, la trajectoire musicale de Shai Maestro semble accompagner la recherche d’une humanité pleine et entière. Cette quête s’appuie sur des années de compagnonnage avec Jorge Roeder et Ziv Ravitz, six années qui ont permis de façonné une identité sonore forte et conférer à leur trio une place à part dans le paysage jazzistique.

Une histoire collective que l’on retrouve sur The Stone Skipper, quatrième album du trio, construit comme un récit qui se déploie et s’appuie sur un motif musical central, véritable fil rouge garant d’une unité scénaristique prégnante

connectant les morceaux entre eux. “Cet album est, de loin, le plus personnel que nous ayons fait. Nous n’avons pas cherché à jouer les virtuoses sur nos instruments mais plutôt à se mettre au service de ce récit du mieux possible.”

The Stone Skipper signifie celui qui fait des ricochets. Ce nouvel opus est aussi celui du dépassement de soi et de ses propres limites, en accord avec son parcours.“J’aime ce concept de ricochet, il y a cette forme de défi envers la nature, en un sens. Le caillou voyage au-delà de ce qu’il est, au-delà de son immuable destin d’obéir in fine à la loi de la gravité. Se dépasser soi- même, redéfinir nos propres lois de la gravité.”

Dépasser ses limites passe aussi par l’intégration de quatre voix habitées et envoûtantes : Gretchen Parlato, Theo Bleckmann (tous deux nominés aux Grammy Awards), Neli et Kalina Andreeva, Neli étant la soliste de l’orchestre national de Bulgarie, référence absolue du chant polyphonique. Pour autant les interventions vocales surviennent comme des respirations, sorte d’articulation sans prendre le dessus sur le récit musical.

Un exercice qui pousse Shai Maestro a écrire ses premières paroles sur The One You Seek Is You, aidé par Jo Lawry (membre du groupe de Sting). Plus encore, le trio s’est appuyé sur la recherche d’un mélange cohérent d’instruments acoustiques et électroniques pour enrichir son propos : “C’est un piège très dangereux, selon moi, parce qu’il est très facile d’aboutir à une fusion forcée. Notre but était plutôt d’essayer d’utiliser les instruments électroniques comme un soutien à la forme d’expression musicale la plus pure : la composition.”

De fait, il s’agit du premier album où le travail de post-production a été si poussé. Enregistré à Nilento au milieu de la campagne Suédoise, il fait écho aux albums majeurs d’Avishai Cohen (Gently Disturbed), Youn Sun Nah (Lento) qui ont aussi été enregistrés dans ce cocon.

Véritable orfèvre du piano à l’expressivité toute personnelle, Shai Maestro traverse The Stone Skipper comme le maître des lieux, s’adonnant aux débordements énergiques comme aux instants de transe méditative avec une égale pertinence, sans jamais trop en faire. A ses côtés, Jorge Roeder et Ziv Ravitz prouvent combien chacun a trouvé sa place ouvrant vers quelques uns des moments les plus intenses du disque (Water Colors, From One Soul To Another, Spirit…).