GÉRARD DEPARDIEU CHANTE BARBARA

Issu d’un milieu modeste (son père est tôlier-formeur), Gérard Depardieu grandit au milieu de cinq frères et soeurs. Après une adolescence difficile, qui le voit flirter avec la délinquance, il se découvre une passion pour le théatre lors d’un voyage à Paris. Elève de Jean-Laurent Cochet, il fait ses premiers pas au cinéma en 1970 dans Le Cri du cormoran le soir au-dessus des jonques de Michel Audiard.

Gérard Depardieu est révélé en 1974 par son rôle de gentil voyou en cavale dans Les Valseuses, fable libertaire de Blier avec Patrick Dewaere et Miou-Miou. L’année suivante, le succès du thriller médical Sept morts sur ordonnance permet au comédien, jusqu’alors abonné aux rôles de loubards, de montrer l’étendue de son répertoire. Tournant avec de grands réalisateurs italiens (1900 de Bertolucci en 1976, La Dernière Femme du provocateur Ferreri), Depardieu passe avec aisance de l’univers de Marguerite Duras (Le Camion en 1977) à celui de Zidi (Inspecteur la Bavure en 1980). En 1984, il s’essaye à la réalisation en adaptant Le Tartuffe de Molière, en faisant du personnage principal (qu’il interprète), un personnage austère, très différent de l’original.

Tout en poursuivant sa collaboration avec Blier, du grinçant Tenue de soirée à l’émouvant Trop belle pour toi en 1989, Gérard Depardieu devient le compagnon de route de plusieurs grands noms du cinéma d’auteur français : alter ego de Pialat, qui le fait tourner quatre fois, il obtient le Prix d’interprétation à Venise pour Police en 1985, et campe un abbé rongé par le doute dans Sous le soleil de Satan. Cobaye de l’expérimentateur Resnais dans Mon oncle d’Amérique, il trouve à la même époque des rôles d’amant passionné chez Truffaut, dans Le Dernier Métro -un succès commercial qui lui vaut un César en 1981- puis La Femme d’à côté. Il s’illustre parallèlement dans la comédie en formant un tandem gagnant avec Pierre Richard dans les buddy movie à la française de Francis Veber (La Chèvre en 1981, Les Compères en 1983, et Les Fugitifs en 1986).

Après le succès du Retour de Martin Guerre en 1982, Gérard Depardieu incarnera plusieurs personnages historiques ou issus de classiques de la littérature française tels que Jean de Florette pour Berri ou Rodin dans Camille Claudel. Il accomplit l’une de ses compositions les plus mémorables dans Cyrano de Bergerac (1990) de Rappeneau, rôle pour lequel il décroche un César, un prix à Cannes et une nomination à l’Oscar. S’autorisant quelques escapades américaines (Christophe Colomb de Ridley Scott) et s’offrant le luxe de tourner avec Godard (Hélas pour moi), il est également producteur à l’occasion (Décroche les étoiles) et participe à la réalisation en 1999 avec Un pont entre deux rives.

Dans les années 2000, l’insatiable Gérard Depardieu reste plus que jamais une figure centrale du 7ème art, à qui aucun territoire ne semble étranger : la comédie grand public (Le Placard et Tais-toi ! de Veber, la série des Astérix), le polar (36 Quai des Orfèvres en 2004, L’Instinct de mort en 2008), le drame intimiste (Aime ton père avec son fils Guillaume), la fresque à gros budget (Bon voyage, La Môme) ou même le cinéma d’animation (il prête sa voix au coq de Chicken Run).

En dépit de la longévité de sa carrière, il parvient encore à surprendre critique et spectateurs, comme lorsqu’il joue un amoureux transi dans Les Temps qui changent de Téchiné, un humble artiste de baloche dans Quand J’étais chanteur (2006) ou un commissaire vulnérable (Bellamy, 2009). Après avoir incarné différents seconds rôles dans des genres cinématographiques variés (truand de seconde zone aux côtés de François Cluzet dans A l’origine, mafieux dans le Blockbuster de science fiction Babylon A. D., etc.), Gérard Depardieu revient au film historique, en interprétant Alexandre Dumas dans en 2010, où il donne la réplique à Benoît Poelvoorde.

La même année, les deux acteurs se retrouvent à nouveau dans Mammuth, un road movie mis en scène par Benoît Delépine et Gustave Kervern, dans lequel Gérard Depardieu joue un retraité entamant un périple avec sa moto pour récupérer l’intégralité de ses points retraite. Année faste et variée pour l’acteur, qui tourne pour la deuxième fois sous la direction de Jean Becker (après Elisa en 1995) dans La Tête en friche, drame dans lequel il interprète un campagnard un peu simplet qui va se lier d’amitié avec une vieille dame (Gisèle Casadesus). Il joue ensuite pour François Ozon dans le film Potiche, puis enfile deux ans plus tard pour la quatrième fois le costume du personnage d’Obélix avec Astérix et Obélix : au service de Sa Majesté. Toujours en 2012, il devient Ursus, un forain haut en couleurs recueillant Marc-André Grondin et Christa Theret pour les besoins de L’Homme qui rit.

Tournant beaucoup, Gérard Depardieu alterne projets originaux indépendants (Valley Of Love, The End, Tour De France) avec des films plus grand public (Les Invincibles, La Dream Team). L’acteur incarne même un personnage fortement inspiré de Dominique Strauss-Kahn dans Welcome to New York d’Abel Ferrara et goûte aux joies du petit écran en se glissant dans la peau du maire de Marseille dans la série Netflix du même nom. Il se tourne ensuite vers un exercice qu’il connaît bien, l’interprétation d’une personnalité ayant réellement existé, en prêtant sa carrure à Staline dans le biopic Le Divan de Staline de Fanny Ardant.