Jean-Frédéric Neuburger
L’Orchestre de Chambre de Genève
Raphaël Merlin
De Falla / Casal
• Classique & chansonsManuel De Falla
Nuits dans les jardins d’Espagne
Luz Casal
Historia de un amor, Piensa en mí, Un año de amor, Entre mis recuerdos, Lágrima…
Luz Casal voix
Jean-Frédéric Neuburger piano
L’Orchestre de Chambre de Genève
Raphaël Merlin direction
Luz Casal. Immense voix de l’Espagne contemporaine, reine de la pop ibérique, elle a rendu de son timbre incomparable l’éternel Piensa en mí, chanson emblématique du film Talons aiguilles, la romance madrilène du génial Almodóvar. Où triomphe l’amour et la féminité. De Luz Casal, on reste ébahi devant la discographie foisonnante, ainsi encore avec son dernier album, le très rock Me voy a permitir, sorti en 2025 chez Universal Music, qui renoue avec la verve de ses premiers disques dans les années 1980. Quarante ans de scène pour un voyage à travers les styles. Elle a interprété les boléros mexicains, repris Dalida, les bossa de Tom Jobim et les cantautori italiens, parmi eux Luigi Tenco, dont on sait le destin tragique en marge de Sanremo, en 1967. Mi sono innamorato di te reste parmi les chansons fétiches de Luz Casal, qui se tourne également vers les Français, Henri Salvador, Etienne Daho, Julien Clerc. Ce qu’elle chantera ce soir? Tout peut arriver! Nécessairement le meilleur dans cet écrin de rêve qui l’attend aux Athénéennes. C’est un événement en soi, Luz Casal sera accompagnée d’une formation classique, l’Orchestre de Chambre de Genève, sous la baguette de Raphaël Merlin. Féru de jazz, formé à la composition, brillant orchestrateur, le directeur artistique de l’Orchestre de Chambre de Genève mène également une carrière de violoncelliste, notamment au sein du Quatuor Ébène de 2002 à 2024. Ce même quatuor ouvert à tous les styles, toutes les aventures musicales, qui invitait, en 2010 sur son disque Fiction chez Virgin Classics, rien moins que Luz Casal.
D’Espagne, toujours. Il faut voir à présent l’Andalousie. Cordoue la magnifique et sa mosquée-cathédrale. Grenade et les jardins de jasmins du Generalife, résidence estivale de la dynastie nasride aux XIVe et XVe siècles. Splendeurs arabo-andalouses des palais de l’Alhambra que magnifia Manuel de Falla dans ses «impressions symphoniques», les saisissantes Nuits dans les jardins d’Espagne pour piano et orchestre, écrites entre 1911 et 1915, données pour la première fois au Teatro Real de Madrid. S’inspirant des arpèges et trilles de la guitare flamenca, les trois mouvements, à l’origine trois nocturnes pour piano, s’épanouissent en de subtiles envolées rythmiques, saisissantes évocations des danses traditionnelles d’Andalousie.
Sensualité, frémissement. Et virtuosité. Quel plaisir alors de retrouver Jean-Frédéric Neuburger au piano pour élever ces Nuits vers l’extase. Artiste complet, acclamé pour ses compositions, dans la musique de chambre, la symphonie, plébiscité pour ses qualités d’interprète, spécialiste hors pair du répertoire contemporain dont il œuvre avec passion à la diffusion, enseignant, enfin, dans ce même Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris qui l’a vu brillamment terminer ses études, Jean-Frédéric Neuburger est, pour ce soir encore, ce maître paysagiste inouï. Un véritable phénomène dont le brio le dispute au sens précis des formes et des couleurs.
La chanson mexicaine Piensa en mí, composée en 1937 par Agustín Lara régulièrement diffusée sur les ondes, évoque le film de Pedro Almodóvar dont elle était l’emblème lors de sa sortie en 1991: Talons aiguilles. Pour beaucoup, elle est également indissociable de la voix chaude et rocailleuse de Luz Casal.
Luz, n’est pas la voix d’un seul succès, mais une artiste multifacettes de talent. Auteure-compositrice-interprète, elle passe des rythmes rock des années 1980 aux ballades intemporelles. Découverte en 1980 avec un titre à la sonorité rock prononcée, elle enchaîne durant les années suivantes les douces complaintes amoureuses et les atmosphères pop-rock dynamiques, avant de signer en 2004 son dixième album, où ressort plus que jamais son intérêt pour la France. En effet, le titre phare de l’album est une reprise de Duel au soleil d’Étienne Daho (Un nuevo día brillará) et son interprétation d’Octobre de Francis Cabrel (Octubre) a été saluée unanimement par la critique.
Régulièrement tournées vers l’amour, les chansons de Luz rappellent aussi son humour et son engagement, comme Ecos, issue du dernier album et dédiée aux Attentats du 11 mars 2004 à Madrid.
Outre l’Espagne, la Grèce et la France, Luz Casal entretient aussi un lien très fort avec l’Amérique du Sud. Sa tournée française et son final à l’Olympia en 2004 ont incontestablement marqué les esprits.
En 2007, elle reçoit la Médaille d’or du mérite des beaux-arts par le Ministère de l’Éducation, de la Culture et des Sports.
Jean-Frédéric Neuburger compte parmi les grands noms de la musique aujourd’hui. Impliqué dans la création contemporaine, sa reconnaissance internationale comme interprète et comme compositeur est incontestable.
Né en 1986 à Paris, Jean-Frédéric Neuburger étudie l’orgue, le piano et la composition avant d’intégrer à treize ans le Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris où il obtient en 2005 cinq premiers prix. Il se perfectionne en composition à Genève auprès de Michael Jarrell, il a obtenu son Master en composition en 2018. Il a aussi travaillé avec Pierre Boulez.
Il se produit en soliste avec les orchestres les plus prestigieux New York, San Francisco, Philadelphie, Londres, Radio France; Paris sous la direction de Lorin Maazel, Christoph von Dohnanyi, Michael Tilson Thomas, Pascal Rophé, Paavo Järvi, David Zinman, Pierre Boulez… Il est régulièrement invité par les plus grands festivals internationaux (Verbier, Lucerne, Klavier-Festival Ruhr, La Roque d’Anthéron, Saratoga, La Jolla Music Society).
Jean-Frédéric Neuburger consacre une partie importante de son activité d’interprète à la diffusion de la musique contemporaine. En 2018, il a donné la première de son concerto pour piano avec l’orchestre philharmonique de Radio France et Jonathan Stockhammer, concert encensé par la critique. Il a également joué à la philharmonie de Berlin, à la philharmonie de Paris et au festival de Lucerne un programme d’oeuvres de Wolfgang Rihm et fait la création mondiale de Alavo de Vito Zuraj.
Compositeur de renom, Jean-Frédéric Neuburger reçoit de nombreuses commandes symphoniques qui ont été jouées par les orchestres de Paris, Güzernich de Cologne, Israël et Boston sous la direction de Christoph von Dohnányi, Pascal Rophé… à Paris, New York, Boston, Cologne et de musique de chambre jouées au Lincoln Center, au festival de Lucerne, au Musikverein de Vienne, à l’auditorium du Louvre.
Jean-Frédéric Neuburger a enregistré deux CDs consacrés à Chopin chez DiscAuvers et des œuvres de Czerny, Beethoven, Brahms, Hérold, Liszt, Barraqué, Debussy, Messiaen, Ravel et de sa propre composition chez Mirare. As discographie a été saluée par la presse internationale.
Sa musique est éditée depuis 2012 chez Durand (Universal Music Publishing).
Jean-Frédéric Neuburger a reçu le prix Lili et Nadia Boulanger de l’Académie des Beaux-Arts et le Prix Hervé Dugardin de la Sacem. Il est titulaire, depuis 2009, de la classe d’accompagnement piano (ex classe de Nadia Boulanger) au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris et organise de nombreux événements artistiques.
Directeur Artistique et Musical de l’Orchestre de Chambre de Genève depuis septembre 2023, il y collabore avec des artistes tels que Matthias Goerne, Pretty Yende, Truls Mork, Vilde Frang, Pierre Fouchenneret, Sayaka Shoji, Brad Mehldau, Gabriela Montero, Nicolas Altstaedt, Dominique A, Igudesman&Joo, Jeanne Added, John Malkovich, Bernard Lavilliers, ou encore L’Ensemble Vocal de Lausanne.
Poursuivant avec passion un parcours artistique teinté d’éclectisme, de curiosité et d’engagement, il affirme en musique, dès l’enfance, ce désir de diversité: violoncelle, piano, jazz, composition, direction d’orchestre, chacune de ces disciplines, d’abord étudiées aux conservatoires de Clermont-Ferrand, Boulogne-Billancourt, au CNSMD de Paris et à la Haute École de Genève, générant ensuite une intense activité et un enrichissement mutuel.
Au sein du Quatuor Ebène (1er prix du concours international de l’ARD de Munich 2004, Victoire de la Musique, Gramophone of the year,…) Raphaël travaille avec Gyorgy Kurtag, Eberhard Feltz, Gabor Takacs, et se produit sur les plus prestigieuses scènes du globe aux côtés de Mitsuko Ushida, Nicholas Angelich, Bertrand Chamayou, Natalie Dessay, Philippe Jarroussky, Stacey Kent, Michel Portal, Martin Fröst, Antoine Tamestit, Daniel Hope, Lisa Batiashvili, Gautier et Renaud Capuçon…
Reconnu pour son ouverture sur tous les styles (pop, jazz, world), grâce notamment à des arrangements originaux, et menant une carrière tournée vers tous les publics, le quatuor est invité à jouer l’intégrale des quatuors de Beethoven en 2020 au Carnegie Hall de New York, ce qui l’amène à construire un tour du monde enregistré et filmé (dès 2019) qui veut témoigner de l’expérience intellectuelle et émotionnelle suprême que recèle ce sommet absolu de la littérature. Le Quatuor Ebène enregistre en exclusivité pour Erato/Warner Classics.
Développant en parallèle une carrière de chef d’orchestre, il fonde en 2014 «Les Forces Majeures», ensemble incluant une multitude de quatuors et quintettes constitués. C’est un électrochoc qui révèle rapidement Raphaël Merlin comme un chef à suivre; paraîtront au label Aparté un disque Rossini avec la mezzo Karine Deshayes, puis un album Offenbach-Gulda avec le violoncelliste Edgar Moreau (Erato/Warner).
C’est en résidence à Vichy, lors d’un fol été musical 2018 (Le Barbier de Séville en version scénique, Werther, 3 programmes symphoniques et une multitude de concerts en petite formation), que Raphaël Merlin emmène pour la première fois son orchestre à vélo, sur 65 km (4 concerts en une seule journée), ce qui demeurera ensuite, au travers d’un audacieux travail de sensibilisation environnementale, la pierre angulaire de l’ensemble; par la suite, Les Forces Majeures explorent dans des grandes métropoles européennes mais aussi en milieu rural ou péri-urbain divers formats de tournée à vélo, de l’orchestre ultra-léger (15 musiciens) au grand orchestre symphonique, tour-à-tour dans le grand répertoire et invitant les musiciens et publics rencontrés à les rejoindre.
Invité à diriger le Philharmonia Orchestra, l’Orchestre du festival de Lockenhaus, L’Orchestre national Avignon Provence, l’Orchestre de l’Opéra de Toulon, l’Orchestre de l’Opéra de Rouen, l’Orchestre d’Auvergne, l’Orchestre symphonique de Mulhouse, l’Orchestre de chambre Nouvelle-Aquitaine, l’Orchestre symphonique de l’Aube ou encore les orchestres Pasdeloup, Ut5, Ostinato, Raphaël Merlin voit son activité de chef intensifiée par un contact facile et fructueux.
Compositeur, ses œuvres incluent Eléa, concerto pour quatuor à cordes et orchestre créé à Cracovie et Munich en 2011 par le Quatuor Ebène et le Klangforum Mitte Europa, See: Sea & Seeds. Si!, concerto pour violoncelle et cordes (Lockenhaus Festival 2016) et Passage-Eclair, octuor mixte (Paris, 2018), tous deux enregistrés chez Alpha, Night bridge, sextuor à cordes (2017) enregistré chez Warner, Dankgesang, créé par l’Orchestre de Chambre de Genève en 2023, ou encore Tethrappy, pour quatuor à cordes: commande de Radio France créée en février 2025 par le Quatuor Ebène.
Raphaël Merlin est représenté en tant que chef d’orchestre par l’agence RSB Artists depuis 2017.