Edito
City Lights!
À l’image du film de Chaplin, les lumières de la ville illuminent la 15e édition des Athénéennes du 3 au 13 juin. Villes et musiques.
Au pluriel, comme la programmation du festival, qui cultive son éclectisme avec un plaisir contagieux, mariant l’exigence artistique à la plus grande diversité des styles.
Des villes en musique. Ou des musiques de la ville? L’une et l’autre sont inséparables, façonnant l’imaginaire musical au fil des transformations urbaines. La musique et la ville, l’une et l’autre s’attirent, se regardent, se répondent. Ainsi, la virtuosité de Vivaldi reste indissociable de la Venise baroque, le génie de Mozart de la Vienne impériale. Le Paris des impressionnistes a capté mille éclats d’une capitale en effervescence. De même, Steve Reich a su puiser dans le tumulte de New York matière à nourrir sa créativité débridée, comme Iannis Xenakis contemplait l’ingénierie du bâti en compositeur-architecte accompli.
Nées toutes deux du rythme, architecture et musique ne sont-elles pas jumelles dans la pensée occidentale? Ainsi, le mythe d’Orphée voulait son héros bâtissant des remparts avec le seul son de sa lyre. Tandis que Goethe voyait dans l’architecture un verstummte Tonkunst, un «art musical réduit au silence», muet, silencieux.
Aussi, on sait ce que Stravinski a pris du monde industriel, urbain par définition, en composant ses extraordinaires rythmes machinés. Comme on sait ce que le blues, le jazz et le rock doivent au terreau populaire des métropoles. Comment les musiques électroniques se sont éveillées dans les friches de Détroit ou Berlin. Le monde est vaste, les villes innombrables. Le voyage s’annonce merveilleux, qui nous mènera jusqu’en Méditerranée et plus loin encore. En Iran, où, depuis des siècles et aujourd’hui encore, le savant répertoire modal du radif persan reste intimement lié à son berceau, Téhéran.
La ville, lieu des rencontres, des migrations et de l’invention, offre aux Athénéennes un thème lumineux, un fil conducteur bienvenu en ces temps d’incertitude et de violence. Au cœur de la cité battante, tantôt magnifique, éclatante, si belle, tantôt, hélas, monstre dévorant ses enfants, Les Athénéennes dessinent un havre de paix, un jardin d’émotions, une bulle d’harmonie où il fait si bon se réfugier, s’asseoir, écouter… Et danser.
Bienvenue aux 15e Athénéennes, lieu de toutes les musiques!

