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20:00

Felix Mendelssohn Ouverture «Les Hébrides», op.26

Gabriel Fauré Pelléas et Mélisande, suite pour orchestre, op.80

Gustav Mahler «Abschied», sixième Lied du «Chant de la terre»

Raphaël Merlin, qui dirige l’Orchestre de Chambre de Genève depuis 2023, propose un programme éclectique : trois œuvres très différentes mais que relient la qualité merveilleuse de leur inspiration et leur souffle lyrique. La pièce symphonique « Les Hébrides » de Mendelssohn, élaborée en Écosse durant l’été 1829, évoque le souvenir d’une excursion que le compositeur avait faite à l’île de Staffa, où se trouve la célèbre grotte de Fingal. L’œuvre est remaniée et créée en 1832. Cette musique est imprégnée de la mélancolie des paysages écossais et de la majesté de la mer. Sans être descriptive, son caractère d’évocation de la nature semble annoncer déjà l’impressionnisme musical. On commémore cette année les 100 ans de la mort de Gabriel Fauré. En hommage à cet immense compositeur encore trop méconnu, l’OCG joue la Suite « Pelléas et Mélisande », tirée d’une musique de scène écrite en 1898 pour une représentation londonienne (en anglais) de la pièce de Maeterlinck. (6 ans avant l’opéra de Debussy). Si la Sicilienne est une des pages les plus célèbres de Fauré, chaque morceau de cette Suite est un joyau. Fauré y maîtrise à un haut degré l’alchimie si subtile de son langage : classique par sa finesse et son équilibre, romantique par son inspiration, moderne par l’invention mélodique, l’audace de l’harmonie, la combinaison de la modalité et de la tonalité. «Le chant de la terre» de Mahler vient faire écho au thème «mère nature» du festival. Des six Lieder que compte cette «symphonie vocale», Raphaël Merlin a choisi d’interpréter le dernier, de loin le plus vaste et le plus bouleversant. Le texte est un remaniement par Mahler de poèmes de Mong-Kao-Yen (Meng Haoran) dans l'attente de l'ami et de Wang Wei l'adieu de l'ami. Le poète attend son ami pour gouter ensemble aux splendeurs du soir. L'ami arrive mais pour adresser au poète un éternel adieu. Dans la coda, mystérieusement suspendue entre les tons d'ut majeur et de la mineur, Mahler écrit: «la Terre adorée, partout, fleurit au printemps et reverdit : partout, toujours, l'horizon bleu luira ! Éternellement... Éternellement...»