Franz Schubert
Die schöne Müllerin, op. 25, D 795
Benjamin Appl baryton
Fabrizio Chiovetta piano
Exalter l’imagination. Si Franz Schubert a trouvé dans le lied la forme idéale qui convenait à son tempérament contemplatif, stimulant chez le compositeur autrichien une créativité impressionnante au tournant des années 1820, Die schöne Müllerin reste, parmi les six-cents lieder qu’on lui doit, un cycle pour ainsi dire à part, et l’un des plus joués. Voilà vingt pièces, comme autant de chapitres d’une nouvelle, donnant à suivre les pérégrinations d’un jeune meunier particulièrement sensible, qui tombe éperdument amoureux. Si la belle, qui est fille de meunier, d’ailleurs, cède un temps à la cour du galant, elle préfèrera finalement ce beau chasseur qui passait par là…
Vision d’idylle qui s’assombrit dans la jalousie et la colère, pour s’achever dans le ruisseau. En remodelant à l’aune de son génie les poèmes de Wilhelm Müller, Schubert émule cette manière autrement plus fragile, cette «ironie romantique», subtil équilibre entre charge dramatique et légèreté, si difficile à rendre, et par la voix et par l’instrument. Donnez-nous un baryton de la meilleure veine. Voici Benjamin Appl, disciple du regretté Dietrich Fischer-Dieskau. Appl est au sommet de son art, acclamé sur tous les continents. Interprète rayonnant à l’opéra, également dans les musiques anciennes, Benjamin Appl dirigeait en 2025 le Messie de Haendel avec le Royal Liverpool Philharmonic Orchestra, sa première apparition à la baguette.
Et le pianiste. Il sera d’une finesse et d’un raffinement à toute épreuve. Remarquable interprète de Schumann, et de Schubert, sur disque en 2013 déjà avec la Sonate en si bémol majeur, D. 960, Fabrizio Chiovetta a livré ses dernières années parmi les plus belles interprétations de Haydn, Bach, Mozart, et tout récemment encore Brahms, avec les Klavierstücke (op.116-119) chez Aparté en 2026.
Benjamin Appl, Fabrizio Chiovetta: ces deux-là vont comme les doigts d’une main, qui ont déjà voyagé ensemble dans le Winterreise, l’autre cycle incontournable de Franz Schubert.
Le baryton Benjamin Appl est salué pour sa voix qui «s’inscrit dans la lignée des derniers grands maîtres du Lied» et qui offre «une palette de couleurs presque infinie» (Süddeutsche Zeitung).
Ancien BBC New Generation Artist (2014-2016), Wigmore Hall Emerging Artist et ECHO Rising Star (2015-2016), Benjamin Appl a été nommé Jeune artiste de l’année aux Gramophone Awards en 2016. Il signe la même année un contrat d’exclusivité avec Sony Classical, avant d’entamer une collaboration discographique avec Alpha Classics, dont le premier enregistrement, Winterreise (2021), a été salué par la critique.
Le parcours musical d’Appl débute en tant que choriste au sein du célèbre chœur des Regensburger Domspatzen, avant de poursuivre ses études à la Hochschule für Musik und Theater München puis à la Guildhall School of Music & Drama de Londres. Élève du légendaire Dietrich Fischer-Dieskau, Appl décrit cette relation comme «une influence inestimable et profondément formatrice». Il le considère comme une source d’inspiration, «toujours en quête d’une compréhension plus profonde de la musique et de la vie», ainsi qu’un modèle dans la manière d’être artiste, ne se contentant jamais d’interpréter mais recréant chaque œuvre à chaque fois.
Récitaliste confirmé, Appl se produit dans les plus grands festivals internationaux, notamment à Ravinia, Rheingau, Schleswig-Holstein, Édimbourg, Heidelberg Frühling, Oxford, la Schubertiade de Schwarzenberg et le KlavierFestival Ruhr. Il se produit également dans de nombreuses salles prestigieuses telles que le Grand Théâtre de Genève, le Festspielhaus de Baden-Baden, le Wigmore Hall, le Concertgebouw d’Amsterdam, le Konzerthaus de Berlin et de Vienne, l’Elbphilharmonie de Hambourg, le musée du Louvre, le Palau de la Música, la Philharmonie de Paris et le Shanghai Symphony Hall.
Également très sollicité comme soliste avec orchestre, il collabore avec de grandes formations internationales, parmi lesquelles le Royal Concertgebouw Orchestra, l’Orchestre philharmonique d’Oslo, le Philharmonique de Munich, l’Orchestre national du Capitole de Toulouse, le Gewandhaus de Leipzig, le NHK Symphony Orchestra, le Philadelphia Orchestra, la Staatskapelle de Dresde, la Philharmonia, le Seattle Symphony et le Vienna Symphony Orchestra, sous la direction de chefs tels que Klaus Mäkelä, Ton Koopman, Paavo Järvi ou Yannick Nézet-Séguin. Lors de la saison 2024-2025, il est artiste en résidence auprès du Royal Liverpool Philharmonic Orchestra, où il fait également ses débuts en tant que chef d’orchestre lors d’une représentation à guichets fermés du Messie de Haendel pour le Nouvel An.
Parmi ses récents débuts en récital figurent le Carnegie Hall, San Francisco Performances, l’Opéra de Dallas, la Boston Celebrity Series, le Park Avenue Armory à New York (avec les trois cycles de Lieder de Schubert), l’Opéra de Sydney, le Mozarteum de Salzbourg, le Festival de Saint-Denis ainsi que trois représentations de Winterreise au Gran Teatre del Liceu de Barcelone. Artiste curieux et innovant dans ses programmations, Benjamin développe des partenariats scéniques variés et enrichissants, notamment avec les pianistes James Baillieu, Graham Johnson, David Fray, Alice Sara Ott, Arthur et Lucas Jussen et Kit Armstrong, le quatuor Armida, les accordéonistes Martynas Levickis et Ksenija Sidorova, ainsi que le luthiste Thomas Dunford.
Interprète reconnu du répertoire ancien, Benjamin collabore régulièrement avec Les Talens Lyriques, B’Rock, l’Ensemble Masques et les Berliner Barocksolisten. À l’aise également dans la création contemporaine, il a créé des œuvres de Jörg Widmann, Nico Muhly, David Lang et Matthias Pintscher, et entretient une collaboration importante avec le compositeur György Kurtág.
À l’opéra, Appl a récemment interprété Papageno dans Die Zauberflöte à l’Opéra d’État de Hambourg et à l’Opéra de Rouen, fait ses débuts dans le rôle d’Arlequin dans Ariadne auf Naxos au Gran Teatre del Liceu de Barcelone et se produira prochainement au Teatro Real de Madrid dans le rôle de Mercutio dans Roméo et Juliette.
En 2025, Appl publie deux albums consacrés à des figures majeures de son parcours artistique: Lines of Life, dédié à György Kurtág, et For Dieter, en hommage à son mentor Dietrich Fischer-Dieskau. Parmi ses autres enregistrements récents figurent The Christmas Album (2024) avec les Regensburger Domspatzen, Forbidden Fruit (2023), des Lieder de Schubert avec orchestre (Münchner Rundfunkorchester), des mélodies de Hans Sommer, des duos de Schumann avec Ann Murray ainsi qu’un récital Schubert enregistré au Wigmore Hall avec Graham Johnson. Son premier album chez Sony, Heimat, a été nommé aux Gramophone Awards et a reçu le Prix Dietrich Fischer-Dieskau (2017-2018).
En dehors de la scène, Benjamin Appl a participé à une version filmée du Winterreise de Schubert dans les Alpes suisses, produite par la BBC et la SRF et diffusée sur BBC4 en 2022. Il a également animé l’émission A Singer’s World sur BBC Radio 3 et apparaît dans le film Breaking Music, consacré à la rencontre entre le tango argentin et le Lied allemand. Il est aujourd’hui professeur de Lied allemand à la Guildhall School of Music and Drama.
Né à Genève, de nationalité suisse et italienne, Fabrizio Chiovetta étudie avec Dominique Weber, John Perry et Paul Badura-Skoda dont il deviendra un disciple privilégié. Il donne de nombreux concerts en Europe, Amérique du Nord, Asie et Moyen Orient (Sommets musicaux et Menuhin Festival de Gstaad, Lisztomanias, Victoria Hall, Festival Berlioz, Schloss Elmau, Tonhalle, Piano Festival de Princeton, NCPA de Mumbai, National Center de Pékin, Oriental Art Center de Shanghai).
Il joue notamment sous la direction de Gábor Takács-Nagy, Arie van Beek, Mikael Toms ou Diego Matheuz. Il est également un chambriste très demandé et se produit avec des partenaires tels que le Quatuor Belcea, Patrick Messina, Henri Demarquette, Benjamin Appl, Gautier Capuçon, Lise Berthaud, Pierre Fouchenneret, Camille Thomas, Alexandra Conunova, Sarah Nemtanu, Silvia Careddu, Sophie Karthäuser, Marc Coppey, Samuel Hasselhorn ou Werner Güra.
Il donne en création mondiale la pièce pour piano seul de Tristan Murail “Le rossignol en amour » et réalise le premier enregistrement d’œuvres de musique de chambre d’Arvo Pärt, Jan Rääts et André Previn. Également improvisateur, il collabore avec des musiciens de divers horizons (Vincent Ségal, Grégoire Maret, Marthe Keller).
Ses enregistrements pour Palexa, Claves Records et Aparté d’œuvres de Schumann, Schubert, Haydn, Mozart, Bach et Beethoven ont été salués par la critique (Diapason, CHOC de CLASSICA, FonoForum, American Music Guide).
Son dernier disque Schumann a été récompensé d’un “Editor’s Choice” de Gramophone et d’un 10/10 de Classics Today.
Fabrizio Chiovetta enseigne depuis 2009 à la Haute école de musique de Genève-Neuchâtel.
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