Sullivan Fortner piano
Quel pianiste de jazz rêvons-nous d’écouter en solo, qui sublimerait la tradition en portant l’avant-garde à incandescence? Le légendaire Brad Mehldau a répondu sans hésiter: Sullivan Fortner! Né en 1986, originaire de la Nouvelle-Orléans, le New Yorkais d’adoption compte un nombre impressionnant de collaborations avec les monstres du jazz américain. Compagnon de route du regretté Roy Hargrove, le prodige a côtoyé Wynton Marsalis, Diane Reeves, Dee Dee Bridgewater, John Scofield… La liste s’embrase lorsque le pianiste croise la chanteuse Cécile McLorin Salvant pour l’album The Window en 2018. Sullivan Fortner a depuis conquis, à son tour, le monde entier. L’album Southern Nights, enregistré en trio, à l’ancienne, sans reprise, a remporté en 2026 un Grammy Award. Trois ans plus tôt, en 2023, Fortner livrait un autre chef-d’œuvre, Solo Game. Tout son art concentré dans un double album solitaire, revisitant avec une créativité folle les standards, de Duke Ellington à Randy Weston en passant par Stevie Wonder, pur piano acoustique d’une virtuosité inouïe, avant de lâcher en orbite ses propres compositions, matière flamboyante où le Steinway se mêle à une fascinante panoplie de claviers, orgue Hammond, synthétiseurs ou célesta. Ancré dans la tradition de la Nouvelle-Orléans, Sullivan Fortner redessine en profondeur le jazz d’aujourd’hui.
Depuis plus d’une décennie, Sullivan Fortner déploie et repousse les limites de ses talents en tant que pianiste, compositeur, chef d’orchestre et artiste à la personnalité affirmée. Originaire de La Nouvelle-Orléans, ce musicien et pédagogue, lauréat d’un Grammy Award, a été salué à l’échelle internationale à la fois comme acteur majeur et producteur pour sa collaboration sur l’album The Window, aux côtés de Cécile McLorin Salvant. Il a également été nommé aux Grammy Awards 2023 pour son arrangement audacieux de «Optimistic Voices / No Love Dying», extrait de l’album Ghost Song (2022). En 2025, il est nommé à trois reprises aux Grammy Awards, dont une nomination pour son album Solo Game. Il remporte par ailleurs un Grammy avec Samara Joy dans la catégorie Best Jazz Performance pour «Twinkle, Twinkle Little Me».
En tant que leader, il publie Aria (2015), Moments Preserved (2018) et Solo Game (2024), tous salués par la critique, ce dernier ayant notamment reçu des critiques 4 étoiles dans DownBeat et le magazine français Télérama. Prévu pour 2025, son prochain album en trio, Southern Nights, réunit Peter Washington et Marcus Gilmore.
Lauréat du DownBeat Critics Poll 2024 dans la catégorie «Rising Star Jazz Group» avec le Sullivan Fortner Trio, cet artiste prolifique a développé des collaborations avec Wynton Marsalis, Paul Simon, Diane Reeves, Etienne Charles et John Scofield. Parmi ses partenaires réguliers figurent Ambrose Akinmusire, Dee Dee Bridgewater, Stefon Harris, Kassa Overall, Tivon Pennicott, Peter Bernstein, Nicholas Payton, Billy Hart, Gary Bartz, Chief Adjuah ainsi que le regretté Roy Hargrove.
Qu’il se produise en solo ou à la tête d’un ensemble, Fortner explore les harmonies et les structures rythmiques avec curiosité et clarté. Ayant grandi à La Nouvelle-Orléans, il commence le piano à l’âge de 7 ans avant d’obtenir un Bachelor of Music au Conservatoire d’Oberlin puis un Master of Music en interprétation jazz à la Manhattan School of Music (MSM). Très engagé dans la transmission, il a donné des master classes à la MSM, au New Orleans Center for Creative Arts (NOCCA), à l’université Purdue, au Lafayette Summer Music Workshop, à l’université Belmont et au Conservatoire d’Oberlin, où il a également enseigné avant d’y revenir en tant que professeur invité de piano jazz.
Improvisateur très recherché, Fortner s’est produit au Snug Harbor, au New Orleans Center for Creative Arts, au Sweet Lorraine’s et au Jazz Playhouse à La Nouvelle-Orléans, ainsi qu’au Jazz at Lincoln Center, au Jazz Standard et au Smalls Jazz Club à New York. Il a également participé aux festivals de jazz de Newport, Monterey, Discover, Tri-C et Gillmore Keyboard. En 2019, il se produit avec son groupe au mythique Village Vanguard pour une résidence d’une semaine, expérience renouvelée en 2020 sous forme de concert virtuel pendant le confinement. Parmi ses contributions en studio, on peut citer Kaiso d’Etienne Charles (Culture Shock, 2011), Quantum Leap de Donald Harrison (FOMP, 2010) et The Fundamentals de Theo Croker (Left Sided Music, 2007).
L’art de Sullivan Fortner s’inscrit dans la tradition tout en en renouvelant les formes. Il tisse des liens entre les styles musicaux, avec une sensibilité à la fois profonde et une grande inventivité. Ses œuvres et ses réflexions ont été mises en avant dans des médias de référence tels que The New York Times et The Root. Parmi ses distinctions figurent la bourse Cole Porter 2015 décernée par l’American Pianists Association, la bourse Leonore Annenberg Arts, le Lincoln Center Award for Emerging Artists (2016), la Shifting Foundation Grant (2020) pour le développement de sa carrière artistique, ainsi que la Western Jazz Presenters Grant (2024), qui lui a permis de partir en tournée sur la côte ouest avec son trio.