Einstürzende Neubauten

Industrial heroes
»»»BERLIN
samedi 13 juin Alhambra
Grande salle
21h30
→ tarif C?

Blixa Bargeld

Josefine Lukschy

Rudolf Moser

Jochen Arbeit

N.U. Unruh

Felix Gebhard

Berlin, 1980. À l’ouest, tout est nouveau. David Bowie vient d’achever sa trilogie «berlinoise», trois albums qui révolutionnent l’esthétique pop. L’Australien Nick Cave se transforme en dandy écorché, instillant la romance gothique dans les caves de la ville. Au même moment, on entend des scies sauteuses, des perceuses, des marteaux piqueurs. Qui sont ces fous qui massacrent la scène? Einstürzende Neubauten, premier groupe allemand de la vague industrielle, toujours en activité près de quatre décennies plus tard. Toujours aussi… tranchants! Einstürzende Neubauten, littéralement «les nouveaux bâtiments qui s’effondrent», en référence aux immeubles locatifs construits à la hâte dans l’Allemagne en pleine reconstruction de l’immédiat après-guerre.

Le ton est donné. 1980, loin du «flower power», des hippies, loin des premiers punks également. On ne rit plus. Le monde est violent, le monde est insalubre. Le monde, c’est la ville, grouillante de vies qui partent en embardée. À la tête du groupe, il y a cette voix, totalement habitée, qui scande plus qu’elle ne chante: Blixa Bargeld.

On ne s’étonnera guère de le retrouver à la fondation d’un autre groupe de légende, les Bad Seeds de Nick Cave. Bargeld est un ogre, un tragédien du béton, un héros de la scie circulaire. Un poète de la démolition sonore. Des prémices hurlantes d’Einstürzende Neubauten jusqu’à nos jours, c’est un miracle qui s’accomplit. Ou un mirage. Blixa Bargeld tient toujours la barre avec le cofondateur N. U. Unruh, maître ès percussions dantesques, batterie, tuyauteries et autres objets métalliques cataclysmiques. Actuellement en tournée suite au dernier album, Rampen – apm: alien pop music, paru en 2024 sur le label Potomak, fondé par Bargeld, Einstürzende Neubauten déploie sur scène une énergie tellurique, portant à incandescence les éclats assourdissants de l’industriel flamboyant.

Concert debout à l’Alhambra pour le final explosif des 15e Athénéennes!

Ils explorent de nouvelles formes, à la recherche de sons inédits et de mots inexprimés. Depuis la création du groupe le 1er avril 1980, Einstürzende Neubauten repoussent les limites du courant dominant et de la sous-culture pour rendre audible l’inaudible – et peut-être aussi l’inentendu. Cette recherche expérimentale, qui s’étend sur plus de quatre décennies, entre désormais dans une nouvelle phase. Pour sa 46e année d’existence, le groupe revient à ses racines tout en se redéfinissant. C’est un changement d’image de soi, pour lequel le quatuor berlinois, élargi à six musiciens, a créé son propre genre: l’apm – alien pop music.

Une évolution constante: c’est ainsi que l’on peut au mieux résumer l’œuvre d’Einstürzende Neubauten. Une évolution musicale qui a débuté avec le premier album *Kollaps* en 1981 et qui se concrétise aujourd’hui avec la sortie de l’album *Rampen – apm: alien pop music en 2024*, sur lequel le groupe se dévoile sous ses aspects les plus imprévisibles et les moins conventionnels. Sur cet album, les Neubauten mettent un terme – certes tardif– à toutes leurs explorations sonores.

Depuis le milieu des années 1980, Einstürzende Neubauten expérimentent sur scène ce qu’ils appellent des “ramps”: des improvisations publiques aux développements et aux dénouements ouverts; des tremplins vers l’inconnu que le groupe a interprétés lors du rappel de sa tournée en 2022 et dont les enregistrements ont servi de base à leur dernier album.

Rampen – apm: la musique pop extraterrestre est une musique pop pour les univers parallèles et les mondes intermédiaires. Einstürzende Neubauten s’aventure dans un no man’s land stylistique entre le passé et le futur. D’un côté, c’est un retour aux sources, tandis que de l’autre, une nouvelle forme d’art émerge où de puissantes éruptions se mêlent à des paroles énigmatiques, souvent fragmentaires: de la musique populaire pour les extraterrestres et les marginalisés. L’anti-pop est devenue de la pop extraterrestre. Etrange. Tissée comme un cocon. Inédite. Sonus inauditus. Ce n’est pas un hasard si le graphisme épuré de la pochette rappelle la mise en page emblématique de l’Album blanc des Beatles. «L’idée est qu’Einstürzende Neubauten soit tout aussi célèbre dans un autre système solaire que les Beatles le sont dans le nôtre», a déclaré Blixa Bargeld, soulignant l’équilibre entre avant-garde et ironie, provocation et rupture avec la culture pop.

Cette approche définit également directement le thème central qui traverse comme un fil rouge toutes les chansons: le changement, les spéculations utopiques et l’éphémère.

Ce dernier album représente la prochaine étape de l’évolution, où le langage habituel est enfin laissé de côté, ouvrant ainsi de nouvelles possibilités infinies: la musique pop extraterrestre.

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