«City Lights»
Orchestre de la Suisse Romande

Charlie Chaplin

Ciné-concert
samedi 6 juin Alhambra
Grande salle
20h00
→ tarif A?

Charlie Chaplin

City Lights (Les lumières de la ville, 1931)

Orchestre de la Suisse Romande

Philippe Béran direction

City Lights. Les lumières de la ville. L’amour est aveugle, dit-on, et l’on ne voit bien qu’avec le cœur? Une silhouette apparaît sur le grand écran. Un monde unique s’ouvre au regard.

La ville inaugure un monument, «Paix et prospérité»! Sous la bâche qui couvre les statues, un clochard fait la sieste. C’est Charlot, bien sûr, que l’on suit dans cette «comédie romantique en pantomime». Une comédie, certes. Également une critique sociale acérée. Charlot tombe amoureux de la vendeuse de fleurs aveugle? Charlot sauve de la noyade un millionnaire aviné, qui a tôt fait d’oublier son bon samaritain? Charlot n’a pas un centime en poche. Ce monde est dur, la ville ne veut guère des pauvres, sinon pour ramasser le crottin des chevaux de trait…

Troisième long-métrage de Charlie Chaplin avec en vedette son célèbre personnage, City Lights est aussi son dernier film muet. Qui s’accompagnait à l’origine d’une musique jouée en direct, composée par Chaplin lui-même. Avec des bruitages, avec ces traits d’orchestre soulignant ici l’action, là un drame qui couve… Arrangée par Arthur Johnston, la partition reprenait en outre un thème de José Padilla, que Chaplin avait repiqué sans autre façon.

City Lights alors. On a le grand écran de l’Alhambra. Les images défilent, superbe noir et blanc, cuvée 1931. Les gags se bousculent, Charlot se lave les dents avec un fromage, participe à un match de boxe… Il y a de la poésie aussi. Beaucoup de tendresse. Et puis l’orchestre. À la baguette, Philippe Béran, grand connaisseur de la matière cinéphilique. Qui n’a pas son pareil pour se glisser dans des répertoires aux antipodes les uns des autres. Aux pupitres, alors: l’Orchestre de la Suisse Romande. La phalange en ordre de marche pour faire sonner cordes et trompettes. C’est un régal pour les yeux, une fête pour les oreilles!

Après une formation classique, Philippe Béran mène une carrière qui l’éloigne des sentiers battus. Né à Genève en 1962, il suit, en parallèle, des études scientifiques et musicales. Premier prix de clarinette au Conservatoire de Genève puis au Conservatoire National de Musique de Paris, il obtient un 1er prix de direction d’orchestre au Conservatoire de Genève. Il décroche également un diplôme de physique théorique à l’Université de Genève et enseigne dix ans les mathématiques, la physique et la musique aux collégiens. Lorsqu’il peut se consacrer exclusivement à la musique et à la direction d’orchestre, ce mari et père de quatre enfants fait de sa relation privilégiée avec le jeune public l’une de ses cartes maîtresses.

Désireux de transmettre sa passion et son amour profond de la musique à la nouvelle génération, Philippe Béran mise sur l’enthousiasme: le sien, qu’il communique aussitôt au public. Il rompt avec «les schémas de concerts vieux de 250 ans» et le côté guindé de certaines représentations où n’assistent que des mélomanes avertis. Pour amener à la musique ceux qui la connaissent peu, ou mal, il développe une forme originale et vivante de concert où le public n’est pas tenu à distance mais invité à participer. Plus courtes, ponctuées de commentaires, ces représentations font découvrir le grand répertoire symphonique avec simplicité et humour, dans un esprit de partage et de complicité avec la salle.

Le succès est au rendez-vous: chaque année, 12000 enfants viennent écouter les concerts commentés que Philippe Béran dirige à la tête de l’Orchestre de la Suisse Romande, des spectacles qui se jouent à guichet fermé. Présentée au Grand Théâtre de Genève au printemps 2011, la version courte de la Flûte enchantée de Mozart a dû être reprogrammée à l’automne. En décembre 2011, la projection des «Temps modernes» de Charlie Chaplin a fait 10 salles combles au Victoria Hall. Un véritable challenge, pour le chef et l’OSR, car la musique et les images doivent être parfaitement synchrones: «99% de réussite, cela ne suffit pas!» aime à dire le Genevois, perfectionniste. Il n’y a que trois chefs au monde que l’Association Chaplin recommande; Philippe Béran en fait partie.

Responsable de l’action pédagogique de l’Orchestre de la Suisse romande et de l’Orchestre de Chambre de Lausanne de 2002 à 2011, Philippe Béran est également le directeur de l’Orchestre du Collège de Genève. Cette formation rassemble une centaine de collégiens, âgés de 14 à 19 ans, et couvre tous les répertoires: symphonique et choral, ballets, opéras, musiques de films. Chaque année, l’Orchestre du Collège assure une quinzaine de concerts et part régulièrement en tournée – dernièrement en Toscane et… en Chine!

La musique et le plaisir, toujours, pour ce chef d’orchestre qui a la joie de vivre et l’énergie chevillées au corps. C’est dans cet esprit qu’il enseigne la direction d’orchestre à la Haute Ecole de Musique de Lausanne depuis 2009.

Sur un terrain plus classique, Philippe Béran s’est fait remarquer comme chef d’opéra (invité régulier du Grand Théâtre de Genève depuis 2002 et de l’Opéra de Lausanne) mais surtout comme chef de ballet, un genre qu’il affectionne particulièrement. Il parcourt le monde auprès de nombreuses et célèbres compagnies des plus prestigieux opéras. En décembre

2007, il a donné neuf représentations de «Casse-Noisette» au Lincoln Center avec le New York City Ballet. En mai 2008, il a inauguré le nouvel opéra de Pékin avec le Ballet national de l’Opéra de Paris et l’Orchestre symphonique du Ballet central de Chine (Paquita). Il est aussi régulièrement invité depuis 2009 par l’Opéra Royal de Suède à Stockholm et fais ses débuts cette saison à l’Opéra National de Finlande.

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